Aluminium & santé

L’industrie de l’Aluminium et ses organisations professionnelles sont très soucieuses de la santé des personnes et apportent la plus grande attention aux études scientifiques concernant l’aluminium et ses multiples usages. Elles contribuent, par la conduite d’études, à la connaissance d’éventuels effets de l’aluminium sur la santé.

Pour connaître les effets de son matériau, l’industrie privilégie les avis d’expertises collectives et tout particulièrement ceux émanant d’organismes indépendants, français ou internationaux, comme l’OMS. Ces organismes sont à même d’apporter la pluridisciplinarité souvent nécessaire à une bonne analyse ; ils peuvent juger de la méthodologie suivie et de la portée des résultats obtenus ; ils sont par leur composition même protégés des intérêts personnels, privés ou sectoriels.

A l’heure actuelle, aucune expertise scientifique collective ne permet de mettre en cause l’aluminium dans les pathologies parfois évoquées, par erreur, dans les médias. Le sujet de la relation entre l’aluminium et la santé a notamment fait l’objet d’une très vaste étude par les trois agences sanitaires françaises que sont l’Afssa, l’Afssaps et l’Invs. Tous les domaines de la santé pouvant éventuellement concerner l’aluminium ont été investigués par des groupes de chercheurs (alimentation, eau de boisson, pathologies neurologiques, cosmétiques, médicaments,…). Et, dans leur rapport commun, les trois agences soulignent qu’« aux doses habituellement consommées par la population française, rien ne permet d’affirmer que l’aluminium de l’eau, des aliments et des produits de santé est associé à des risques accrus pour la santé ».

Dossier mis à jour le 18 mars 2013

L’aluminium dans la nature

Aluminium et Alzheimer

Aluminium et eau de boisson

Aluminium et alimentation : emballages alimentaires et ustensiles de cuisine

Aluminium et déodorants

Aluminium et vaccins

Aluminium et pansements gastriques

L’encéphalopathie des dialysés

Aluminium et effets endocriniens

Aluminium et cancer

L'aluminium dans la nature

L’aluminium est le 2e métal de l’écorce terrestre.

Il en représente plus de 8%, après l’oxygène (42%) et le silicium (28%) et avant le fer (5%) et le calcium (3,6%).

Il s’agit d’un élément ubiquitaire retrouvé dans les sols, minéraux, argiles, roches et même l’eau.

L’aluminium se trouve dans les végétaux, dont certains sont des accumulateurs d’aluminium, tels que le thé et certaines herbes aromatiques (thym).

Quant aux hommes et animaux, leur organisme contient également une très faible quantité d’aluminium.

Au niveau du corps humain, les principales zones de stockage sont les poumons et les os. La « charge corporelle naturelle » en aluminium est de l’ordre de 30 à 50 mg pour un adulte moyen de 60 kg.

L’apport quotidien, essentiellement par voie alimentaire, est en général bien inférieur à 10 mg d’aluminium mais varie suivant les régimes alimentaires. La quasi-totalité de cet apport est éliminée dans les selles car l’aluminium est très peu absorbé par l’estomac (moins de 1% selon l’OMS).

On ne connaît aucun rôle biologique ou métabolique essentiel à la vie pour l’aluminium.

QUELQUES CHIFFRES

  • l’aluminium = 8% de l’écorce terrestre
  • présence naturelle dans les aliments : 20 mg/kg dans les épinards, 50 mg/kg dans le cacao,…
  • présence dans l’eau de boisson : qu’elle soit naturelle ou traitée par des sels d’aluminium, le plus souvent entre 0,05 mg/l et 0,1 mg/l avec valeur limite à 0,2 mg/l
  • présence dans l’eau de pluie : 5 µg/l
  • présence naturelle dans le corps humain (os, poumons) : de 30 à 50 mg pour un adulte moyen de 60 kg
  • ingestion quotidienne d’aluminium par les aliments : entre 1,6 mg/j chez les adultes et 1,3 mg/j chez les enfants de 3 à 14 ans
  • l’aluminium ingéré tous les jours via les aliments, l’eau ,…est éliminé à 99% par l’organisme
  • aluminium dans les vaccins : entre 0,225 mg/dose de vaccin et 1,25 mg/dose de vaccin

Aluminium et Alzheimer

La neurotoxicité de l’aluminium est périodiquement évoquée et a fait l’objet, ces quarante dernières années, de nombreuses études et travaux scientifiques. Il n’y a, à ce jour, aucune preuve que l’aluminium induise, aggrave ou accélère des pathologies de type maladie d’Alzheimer.

Dans des situations exceptionnelles, lorsque les barrières naturelles de l’organisme sont court-circuitées, l’aluminium peut avoir des effets neurotoxiques (cf. fiche sur l’encéphalopathie des dialysés). Mais les lésions observées ne correspondent pas du tout à celles de la maladie d’Alzheimer. Ces situations exceptionnelles peuvent se rencontrer en expérimentation animale lorsque l’on injecte directement sur le cerveau des sels d’aluminium ou chez l’homme, chez les insuffisants rénaux sous hémodialyse.

Il n’existe à ce jour aucune validation scientifique d’une quelconque relation de causalité entre aluminium et maladie d’Alzheimer.

Actuellement l’aluminium n’est pas considéré par les grands organismes d’expertise collective comme pouvant être impliqué dans l’Alzheimer.

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

L’OMS précise en 1997 : « Rien n’indique que l’aluminium puisse jouer un rôle important dans l’étiologie de la maladie d’Alzheimer et en tout état de cause, il ne provoque chez aucune espèce animale ou chez l’homme des pathologies de type Alzheimer ».

En France, les trois agences sanitaires Afssa, Afssaps et Invs, indiquent dans les conclusions de l’évaluation des risques sanitaires liés à l’exposition de la population en France à l’aluminium (2003) qu’il apparaît que pour la maladie d’Alzheimer, en l’état actuel des connaissances, une relation causale ne peut être raisonnablement envisagée pour l’aluminium. Et qu’à partir de l’ensemble des données disponibles, rien ne permet à ce jour d’affirmer que l’exposition à l’aluminium par l’eau, les aliments ou les produits de santé aux doses habituellement consommées par la population française soit associée à une augmentation de risque.

Références :
1 – World Health Organisation – (W.H.O.) IPCS Monograph. N°194. Environmental Health Criteria. 1997.

2 – Bjertness E, Candy JM, Torvik A et al. Content of brain is not elevated in Alzheimer’s disease. Alzheimer’s disease and associated disorders 10 ; 1996 ; 171-174. Cette étude multicentrique est très intéressante à considérer. Elle a été réalisée en comparant un groupe de 62 cerveaux issus de patients atteints de maladie d’Alzheimer confirmée cliniquement et histologiquement et de patients âgés normaux. Les auteurs ont montré que :

  • Il n’y a pas de différence dans la charge globale en aluminium au niveau du cortex frontal entre les différents groupes et sous groupes de patients
  • La densité des plaques séniles et dégénérescences neurofibrillaires au niveau des cortex frontal et temporal ne montre pas de corrélation avec la charge globale en aluminium. Dans des situations exceptionnelles, lorsque les barrières naturelles de l’organisme sont court-circuitées, l’aluminium peut avoir des effets neurotoxiques (cf. l’encéphalopathie des dialysés). Mais les lésions cérébrales observées ne correspondent pas du tout à celles de la maladie d’Alzheimer. Ces situations exceptionnelles peuvent se rencontrer en expérimentation animale lorsque l’on injecte directement sur le cerveau des sels d’aluminium ou chez l’homme, chez les insuffisants rénaux sous hémodialyse.

3 – Gauthier E, Fortier I, Courchesne F, Pepin P, Mortimer J, Gauvreau D – Aluminum forms in drinking water and risk of Alzheimer’s disease. Environmental Research Section A ; 54 ; 2000 ; 234-246.Il s’agit de l’étude épidémiologique la plus récente conduite au Canada à la recherche d’une éventuelle relation entre l’aluminium de l’eau de boisson et le risque de maladie d’Alzheimer. Elle a considéré de très nombreux facteurs tels que profil génétique, spéciation de l’aluminium,… Les résultats indiquent qu’il n’y a pas d’association significative entre les formes d’aluminium dans l’eau de boisson et cette maladie.

4 – Colin-Jones D, Langman MJ, Lawson DH, Vessey MP – Alzheimer’s disease in antacids users. The Lancet ; I; 1989 ; 1453.

5 – Flaten T – Geographical associations between aluminium in drinking water and death rates with dementia (including Alzheimer’s Disease), Parkinson disease and amyotrophic lateral sclerosis in Norway. Envrion .Geochem. ; 12 ; 1990 ; 152-167.

6 – Delacourte A, Ghestem A, Lemdani M, Ouddane B – Low aluminium levels in the human brain from controls and Alzheimer patients (site ADNA – Non publié). En 2005, dans une étude non publiée, Delacourte et col. (6) ont analysé la teneur de cerveaux normaux et atteints de maladie d’Alzheimer pour différents métaux tels qu’aluminium, cuivre, zinc,…Analyses par spectrométrie. Cette étude indique que les teneurs en aluminium étaient très basses (entre 0,5 et 1 µg/g de tissus) et non significativement augmentées dans les maladies dégénératives dont la maladie d’Alzheimer. Il n’y avait pas d’accumulation d’aluminium dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer. Ces résultats corroborent ceux observés dans l’étude de Bjertness en 1996

Aluminium et eau de boisson

Certaines équipes scientifiques ont émis l’hypothèse que l’aluminium présent dans l’eau de boisson pénétrerait plus facilement dans le corps humain que lorsqu’il est apporté par les aliments et que cette biodisponibilité accrue pourrait avoir des conséquences sanitaires négatives tels que troubles cognitifs, maladie d’Alzheimer,…

Il n’a, à ce jour, pas été scientifiquement établi que la présence d’aluminium dans l’eau de boisson soit un danger pour la santé. L’existence d’un lien, entre l’aluminium de l’eau de boisson et la survenue d’affections neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer n’a pas été prouvé, et l’OMS n’a, à ce jour, pas retenu cette hypothèse.

Considérations générales

Les résultats des études et recherches disponibles à ce jour ne conduisent pas à considérer l’existence d’une relation entre la présence d’aluminium dans l’eau de boisson et la survenue ou l’accélération de la maladie d’Alzheimer.

L’existence d’altérations cérébrales consécutives à la présence d’aluminium dans l’eau de boisson n’a été scientifiquement établie par aucune étude épidémiologique qui soit méthodologiquement non contestable.

L’emploi du sulfate d’aluminium

Du sulfate d’aluminium est souvent utilisé comme floculant lors de traitements de purification de l’eau (principalement eau de surface), pour éliminer les matières organiques en suspension (pouvant être à l’origine de maladies infectieuses).

Une étude comparative australienne a démontré que ce traitement des eaux au sulfate d’aluminium n’augmente pas de façon significative le taux d’aluminium dans l’organisme.

Par ailleurs, l’hypothèse d’une pénétration digestive accrue de l’aluminium par l’eau de boisson n’est pas à ce jour confirmée.

Le plus souvent, le taux d’aluminium dans l’eau de boisson est inférieur à 0,1 mg par litre avec des niveaux courants de 0,05 mg/l.

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

Les valeurs de concentration maximale admissible d’aluminium dans l’eau de boisson retenues par les organisations sanitaires nationale et internationales ont été fixées selon des critères d’aspect et de goût (critères physico-chimiques) et non sur des critères sanitaires.

L’OMS considère, au vu des données scientifiques actuellement disponibles, que l’aluminium dans l’eau de boisson ne constitue pas un risque pour la santé.

L’OMS a établi une valeur de concentration maximale admissible de 0,2 mg d’aluminium par litre d’eau (valeur non modifiée depuis 1984, confirmée en 1997).

L’Union Européenne : concentration maximale admissible de 0,2 mg d’aluminium par litre d’eau de boisson (valeur confirmée en 1998).

La France : la valeur de concentration maximale fixée par le Ministère de la Santé est de 0,2 mg par litre (valeur confirmée par le décret du 20 décembre 2001).

Références :
1 – WHO – Guidelines for drinking water quality. 2004 ; 301 – 303
2 – Décret du 20 Décembre 2001 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine à l’exception des eaux minérales naturelles (JO du 22 Décembre 2001).
3 – Arrêté du 11 Janvier 2007 (JO du 6 Février 2007) relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et eaux de boisson destinées à la consommation humaine.
4 – Académie Nationale de Médecine – Communiqué sur les eaux de distribution publique. 29 Juin 2010.
5 – Stauber J, Florence T, Davies C, Adams M, Buchanan, J - Bioavailability of aluminium in alum-treated drinking water and food, Journal of American Water Works Association 91, 1999, 84-93.

Aluminium et alimentation : emballages alimentaires et ustensiles de cuisine

La plupart des aliments contiennent naturellement de l’aluminium. L’apport supplémentaire d’aluminium par le biais des emballages et ustensiles de cuisine en aluminium est faible et très inférieur à ce qui est naturellement apporté par les aliments.

A ce jour, il n’a été mis en évidence aucune affection médicale liée à l’utilisation d’emballages ou d’ustensiles de cuisine en aluminium. Il n’y a notamment aucune preuve que l’aluminium soit à l’origine de la maladie d’Alzheimer ou d’autres affections neurologiques.

Trois facteurs expliquent la présence d’aluminium dans les aliments :

  • le principal facteur est la forte présence naturelle de l’aluminium dans l’environnement : pratiquement toutes les denrées alimentaires contiennent naturellement de l’aluminium ; c’est notamment le cas des légumes (ex : 20 mg/kg pour les épinards), du thè (0,7 à 1,7 mg/l), du cacao (50 mg/kg)…;
  • la teneur en aluminium de certains aliments peut augmenter lors de leur élaboration, avec l’ajout d’additifs; ces additifs à base de sels d’aluminium sont peu utilisés en France comparé aux pays anglo-saxons ; l’apport est difficile à évaluer de façon précise mais on les utilise surtout dans les pâtisseries industrielles et certains fromages.
  • enfin, dans certaines conditions d’utilisation ou de cuisson, le contact direct entre l’emballage alimentaire ou l’ustensile de cuisine en aluminium non revêtu et les aliments peut augmenter la quantité d’aluminium présente dans les produits alimentaires ; cet apport (entre 0,1 et 0,4 mg par jour) est toutefois marginal au regard de ce qui est naturellement présent dans certains aliments.

La quasi-totalité de cet apport est éliminée car l’aluminium est très peu absorbé par l’estomac (moins de 1%). Par ailleurs, il n’a jamais été démontré que l’absorption d’aluminium par voie orale représentait un risque pour la santé.

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

Il n’a pas été mis en évidence d’affection médicale consécutive à l’utilisation d’emballage et d’ustensile de cuisine en aluminium.

La FDA (Food and Drug Administration – US) confirme régulièrement, depuis 1960, le statut de l’aluminium au contact des aliments comme “ Generally Recognized As Safe for use in contact with food ”.

Le Conseil de l’Europe a indiqué, dans son rapport sur les métaux au contact des aliments (1991) que l’aluminium n’était pas nocif mais que le stockage d’aliments très acides ou très salés dans des ustensiles de cuisine en aluminium non revêtu d’un vernis protecteur devait être limité afin de minimiser une éventuelle migration d’aluminium dans ces aliments.Un étiquetage informatif doit être mis en place sur ces ustensiles et emballages.

En Europe, l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) a émis un avis en 2008 indiquant que « sur la base des données scientifiques disponibles, le groupe scientifique ne considére pas que l’exposition à l’aluminium par la voie alimentaire constitue un risque de développement de la maladie d’Alzheimer ».

La consommation normale d’aluminium pour un adulte moyen est comprise entre 5 et 12 mg par jour.Dans cet apport, la présence éventuelle d’aluminium par cuisson ou conservation prolongées dans des ustensiles ou emballages en aluminium non revêtu (casseroles, feuilles d’aluminium) est très faible : entre 0,1 et 0,4 mg par jour. Dans certaines conditions tout à fait particulières de cuisson prolongée (plusieurs heures) d’aliments acides et très salés, il a été montré que cette quantité pouvait devenir plus importante, jusqu’à 2,7 mg par jour.

Afin de limiter l’emploi des additifs dans l’alimentation à leur strict nécessaire usage, en 2007, le JECFA (Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additives) a réévalué les apports en aluminium par les aliments et a établi une valeur provisoire : PTWI (Provisional Tolerable Weekly Intake) de 1 mg/kg de poids corporel par semaine soit environ 10 mg/jour pour un adulte normal de 70 kg.

En 2011, au vu des nouvelles études et recherches publiées sur l’aluminium, le JECFA a décidé de relever cette Dose Hebdomadaire Tolérable en la faisant passer de 1 à 2 mg /kg de poids corporel / semaine soit environ 20 mg/jour pour un adulte normal de 70 kg, c’est-à-dire bien au-dessus des apports quotidiens moyens habituels en aluminium.

En 2013, dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut national de la consommation (INC), l’Anses a piloté une étude comparant les teneurs en différents contaminants chimiques des cafés préparés à l’aide de machines « expresso » domestiques avec celles du café filtre traditionnel. Les résultats montrent que ces nouvelles pratiques ne modifient pas les conclusions des évaluations de risque précédentes concernant l’exposition des consommateurs aux contaminants chimiques. Des teneurs en aluminium d’un même ordre de grandeur ont été mesurées dans les solutions de café issues des capsules par rapport au café témoin (café filtre).

Références :
1 – ANSES – Etude alimentation totale française ; Rapport Juin 2011
2 – Joint Expert Committee FAO/OMS – Evaluation de certains additifs alimentaires et contaminants. Trente troisième rapport du comité mixte FAO/OMS d’experts. Genève .OMS 1989. Série de rapports techniques N°776.
3 – Joint Expert Committee FAO/WHO – Food Additives and Contaminants. Sixty Seventh meeting – Rome – June 2006.
4 – Joint Expert Committee FAO/WHO – Expert Committee on Food Additives – Seventy-fourth meeting – Rome, 14–23 June 2011
5 – EFSA – Avis. Sécurité de l’aluminium de source alimentaire. Avis du groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (AFC) – 2008.
6 – Afssa, Afssaps, InVS – Evaluation des risques sanitaires liés à l’exposition de la population française à l’aluminium. Eaux, Aliments, Produits de Santé – Rapport conjoint; Novembre 2003.

Aluminium et déodorants

Les déodorants réduisent les odeurs corporelles à l’aide d’ingrédients comme le parfum ou l’alcool. Grâce aux antiperspirants, qui contiennent des sels d’aluminium, ils réduisent également la transpiration au niveau des aisselles. En se dissolvant dans la sueur, les sels d’aluminium produisent une fine pellicule sur la peau qui réduit temporairement la transpiration.

Des sels d’aluminium (chlorure d’aluminium, hexachlorure d’aluminium) utilisés dans la fabrication des antiperspirants pénétreraient dans le corps à travers la peau. Selon P.Darbre (U.K.), l’aluminium pourrait être absorbé par la peau et avoir un effet hormonal estrogen-like et ainsi contribuer au développement de cancer du sein.

Aucune étude épidémiologique scientifiquement valide n’a établi une quelconque neurotoxicité ou risque cancérogène des sels d’aluminium contenus dans les antiperspirants (déodorants).

La première étude conduite sur la pénétration cutanée, à l’aide du traceur Al26, réalisée en 2001, indique que la valeur la plus élevée de la dose absorbable est 0,052% soit très nettement inférieure à la quantité absorbée par voie digestive.

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

En France l’AFSSAPS (2002) a conclu, au vue des données scientifiques disponibles, qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour restreindre l’usage de l’aluminium pour les produits cosmétiques.

Le National Cancer Institute (US) indique ne pas connaître d’étude supportant un lien entre l’utilisation d’antiperspirants ou déodorants pour application sous les aisselles et le développement de cancer du sein.

La FDA (US) indique également ne pas avoir d’éléments en faveur de l’idée que les substances contenues dans ces cosmétiques pourraient entraîner un cancer.

L’American Cancer Society (US) indique qu’il n’y a aucune preuve scientifique supportant le fait que les antiperspirants augmentent le risque de développement de cancer du sein.

En Août 2008, un groupe d’experts en cancérologie a publié dans le Bulletin du Cancer (Revue de la Société Française de Cancérologie) une méta analyse qui conclue en l’absence de risque de cancer du sein en relation avec l’aluminium.

En France, en 2011, l’AFSSAPS indique, au vu des données scientifiques actuelles, que l’exposition à l’aluminium par voie cutanée ne peut pas être considérée comme présentant un risque cancérogène.
L’AFSSAPS recommande néanmoins de ne pas utiliser les produits cosmétiques contenant de l’aluminium sur peau lésée et de restreindre la concentration d’aluminium à 0,6% dans les produits antitranspirants ou déodorants. Il ne s’agit pas d’une valeur légale au niveau européen.

A l’heure actuelle, le seuil autorisé par la réglementation européenne est un taux maximal de 20% de sels d’aluminium dans les antitranspirants.

Références :
1 – National Cancer Institute. Antiperspirants/Deodorants and breast cancer – Cancer Facts – Avril 2003.
2 – Mirick DK, Davis S, Thomas DB – Antiperspirants use and the risk of breast cancer .Journal National Cancer Institute. 2002 Oct 16.
3 – Namer M, Luporsi E, Gligorov J, Lokiec F, Spielmann M – L’utilisation de déodorants / antiperspirants ne constitue pas un risqué de cancer du sein. Bulletin du Cancer 2008, 95 (9) 87 – 1-80.
4 – Afssaps – Vigilances – Evaluation du risque lié à l’utilisation des aluminiums dans les produits de santé. Bulletin N°31. Février 2006.
5 – InVS, Afssa, Afssaps. – Evaluation des risques sanitaires liés à l’exposition de la population française à l’aluminium, eau, aliments, produits de santé. Novembre 2003.
6 – Federal Register –Food and Drug Administration– Juin 2003.
7 – Afssaps – Evaluation du risque lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques – Octobre 2011.

Aluminium et vaccins

L’hydroxyde d’aluminium est utilisé dans la composition des vaccins car il en accroît l’efficacité.

La corrélation éventuelle entre la présence d’hydroxyde d’aluminium dans les vaccins et la survenue ou le développement d’une nouvelle maladie à point de départ musculaire appelée « myofasciite à macrophages » n’est, à ce jour, pas scientifiquement établie.

Depuis 1926, l’hydroxyde d’aluminium est utilisé comme adjuvant dans les vaccins (au même titre, par exemple, que le phosphate de calcium) dont il renforce l’efficacité en favorisant la production d’anticorps. L’injection par voie intra musculaire de ces vaccins peut conduire, dans certains cas, à des dépôts d’hydroxyde d’aluminium au niveau de cellules immunitaires particulières, les macrophages. Cela explique peut-être, selon les travaux de recherches en cours d’une équipe scientifique française, l’accumulation de ces macrophages au niveau du muscle, qui serait à l’origine d’une nouvelle maladie : « la myofasciite à macrophages ». (MFM)

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

Une équipe de chercheurs français de l’Inserm, dirigée par le Pr. Gherardi, a décrit en 1999 une nouvelle maladie musculaire de cause inconnue, « la myofasciite à macrophages » (MFM). Les personnes présentant ces lésions histologiques de MFM décrivent des douleurs articulaires et musculaires et des signes généraux de fatigue. En 2001, le Pr. Gherardi a rendu compte de nouveaux travaux de son équipe montrant qu’il existait, en effet, au niveau du muscle deltoïde de ces patients une infiltration des tissus par des macrophages (cellules immunitaires) contenant de nombreuses inclusions d’hydroxyde d’aluminium.

Il n’est pas scientifiquement reconnu aujourd’hui de façon unanime que les symptômes dont se plaignent certaines personnes vaccinées constituent une seule et même maladie : la MFM.

En France l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) indique en 2001 : « les experts considérent que d’une part, il existe un lien de causalité très probable entre l’administration d’un vaccin contenant de l’hydroxyde d’aluminium et la présence de lésions histologiques caractérisant la MFM, mais que d’autre part, les données disponibles ne permettent pas de conclure à l’existence d’une association entre la lésion histologique et une entité clinique spécifique. »

Et l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et l’ANAES (Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation Sanitaire) indiquent en 2003 : « Il n’y a à ce jour pas d’argument épidémiologique probant pour étayer la relation entre la vaccination et l’existence d’une maladie en relation avec la lésion histologique de myofasciite à macrophages »

En 1999, le Comité Consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a jugé qu’aucun élément ne justifiait de modifier les pratiques vaccinales dans les cas de vaccins contenant de l’hydroxyde d’aluminium. Cette position a été réaffirmée en novembre 2002 : « les tous derniers éléments ne tendent pas à conclure que l’administration de vaccins contenant de l’aluminium est dangereuse pour la santé ou qu’il faut modifier les pratiques vaccinatoires en vigueur. »

En Juin 2012 le groupe de travail spécial de l’Académie Nationale de Médecine sur les adjuvants vaccinaux indique dans son rapport : « Aucune preuve de toxicité neurologique imputable à l’aluminium de l’alimentation ou des vaccins n’a pu encore être fournie à ce jour. »

En Juillet 2012, le Comité Consultatif Mondial de la Sécurité Vaccinale (GACVS) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a confirmé dans son Relevé Epidémiologique Hebdomadaire l’innocuité de l’aluminium dans les vaccins.

En juillet 2013, le Haut Conseil de la Santé Publique (HSCP) a publié un rapport sur l’aluminium dans les vaccins dont la conclusion est la suivante : « Le HCSP estime que les données scientifiques disponibles à ce jour ne permettent pas de remettre en cause la sécurité des vaccins contenant de l’aluminium, au regard de leur balance bénéfices/risques.
Il recommande la poursuite des vaccinations conformément au calendrier vaccinal en vigueur et met en garde contre les conséquences, en matière de réapparition de maladies infectieuses, que pourrait avoir une baisse de la couverture vaccinale résultant d’une remise en cause des vaccins contenant de l’aluminium en l’absence de justification scientifique. »

Références :
1 – AFSSAPS – Avis – Conseil Scientifique – Myofasciite à macrophages – Séance du 5 Mai 2004.
2 – ANAES – INSERM. Réunion de consensus vaccination contre le virus hépatite B. Recommandations. Septembre 2003.
3 – InVS et GERMMAD – Myofasciite à Macrophages. Investigation Exploratoire. Rapport. Mars 2001.
4 – OMS –Sécurité des vaccins– Comité Consultatif pour la sécurité des vaccins. REH . 1999 ; 74 ; 337-40.
5 – OMS – Les MFM et les résultats d’une nouvelle étude. Révision 3 Décembre 2008.
6 – Académie Nationale de Médecine - Communiqué à propos des dangers des vaccins comportant un sel d’aluminium. 20 Octobre 2010
7 – Couette M, Boisse MF, Maison P, Brugières P, Cesaro P, Chevalier X, Gherardi RK, Bachoud-Levi, Authier F – Long-term persistence of vaccine-derived aluminium hydroxide is associated with chronic cognitive dysfunction. Journal of Inorganic Biochemistry. 2009 ; 103 ; 1571-78.
8 – HCSP – Rapport sur l’aluminium dans les vaccins, 13 juillet 2013

Aluminium et pansements gastriques

L’hydroxyde et le phosphate d’aluminium sont utilisés dans les pansements gastriques pour le traitement de certaines maladies gastro-intestinales (ulcères gastrites et colites).

A ce jour, aucun effet neurologique direct n’est imputable à ces produits.

L’hydroxyde et le phosphate d’aluminium sont des sels d’aluminium qui peuvent être prescrits à des patients souffrant de certaines infections gastro-intestinales. Ils agissent, par exemple, sur les symptômes de l’ulcère gastrique, calment les douleurs et contribuent à faciliter la cicatrisation de l’ulcère.

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

D’éventuels effets secondaires (identifiés dans les notices d’utilisation de ces médicaments) pourraient résulter de l’usage de ces produits chez les patients insuffisants rénaux.

L’efficacité thérapeutique de l’hydroxyde et du phosphate d’aluminium dans le traitement de l’hyperacidité gastrique et comme pansement gastrique est avérée.

Les autorisations de mise sur le marché des médicaments (AMM) font l’objet de contrôles rigoureux dans le monde entier (Afssaps en France ; FDA aux US,…).

Par ailleurs, aucun cas de décès ou de maladie neuro-dégénérative n’est imputable à ces sels d’aluminium.

Des études épidémiologiques conduites aux Etats Unis et en Norvège sur plusieurs milliers de personnes consommatrices de pansements gastriques à bases de sels d’aluminium pendant de très longues périodes de temps n’ont pas mis en évidence de surmortalité par maladie neuro-dégénérative de type Alzheimer dans ces populations.

Références :
1 – Colin-Jones D, Langman MJ, Lawson DH, Vessey MP – Alzheimer’s Disease in antacids users . The Lancet ; I ; 1989 ; 1453.
2 – Flaten T. – Geographical associations between aluminium in drinking water and death rates with dementia (including Alzheimer’s Disease) , Parkinson disease and Amyotrophic Lateral Sclerosis in Norway; Environ. Geochem. , 12 ; 1990 ; 152 – 167.

L'encéphalopathie des dialysés

Grâce à la modernisation des techniques de dialyse (osmose inverse) et l’utilisation, depuis 1976, d’eau de dialyse contenant moins de 10 microgrammes d’aluminium par litre, l’encéphalopathie des dialysés a totalement disparu.

Un cas particulier aujourd’hui traité

La neurotoxicité de l’aluminium est avérée dans des situations exceptionnelles pour lesquelles les barrières naturelles (gastro-intestinale, paroi des vaisseaux sanguins, méninges) sont court-circuitées, ce qui permet le passage direct et massif de l’aluminium dans le sang et éventuellement vers le cerveau.

Dans le cas des insuffisants rénaux sous dialyse, le traitement à base d’aluminium en grande quantité a engendré une pathologie spécifique caractérisée par la dégradation des fonctions nerveuses d’abord motrices puis cognitives chez ces patients en état de santé très dégradé (insuffisants rénaux sous hémodialyse) et bien identifiée dans son tableau clinique à la fin des années 1970.

Cette maladie très spécifique, trouble neurologique observé chez les insuffisants rénaux sous hémodialyse, et très rare, était due à l’aluminium présent en très grande quantité dans le sang de ces patients comme l’a démontré Alfrey en 1976.

La toxicité de l’aluminium était un problème majeur pour les patients insuffisants rénaux sous dialyse dans les années 80.

Elle a maintenant totalement disparu depuis l’utilisation de techniques de filtration sanguine modernes (ex : l’osmose inverse) ou la limitation des teneurs en aluminium dans l’eau des dialysats (inférieure à 10 µg/l).

Pas de lien avec la maladie d’Alzheimer

Le tableau clinique, biochimique, histo pathologique et la symptomatomatologie médicale de l’encéphalopathie des dialysés n’ont aucun rapport avec ceux de la maladie d’Alzheimer.

L’évolution de ces deux entités est totalement différente.

En particulier, les lésions du cerveau observées dans l’encéphalopathie des dialysés ne sont absolument pas les mêmes que celles observées dans la maladie d’Alzheimer (plaques séniles et dégénérescences neurofibrillaires).

Ceci a été confirmé par une étude conduite en Allemagne et au Danemark à partir de l’autopsie de 50 cerveaux humains issus de pathologies neurologiques confirmées histologiquement (encéphalopathies des dialysés et maladie d’Alzheimer). Cette étude met très bien en évidence la différence entre les lésions observées au niveau cérébral dans les démences des dialysés ou les dialyses au long cours et celles de la maladie d’Alzheimer.

Aluminium et effets endocriniens

Dans le cadre d’une évaluation commanditée par l’Union Européenne sur les éventuels perturbateurs endocriniens, l’aluminium a été classé, de façon provisoire, dans la catégorie :  » No scientific evidence for inclusion in the list ».

La plupart des substances sont en cours d’évaluation quand à leurs effets endocriniens (effets sur les glandes endocrines telles que thyroïde, surrénales,…), sur la fertilité,…

La Commission Européenne a déjà établi une classification de plusieurs centaines de substances selon leur potentiel d’effets endocriniens. L’aluminium n’y figure pas.

La gravité des perturbations du système endocrinien (thyroïde, altération du système immunitaire, baisse de la fertilité…) a conduit l’Union Européenne à chercher à établir la liste des substances (produits chimiques, métaux,…) pouvant induire ces perturbations endocriniennes.

A l’issue de l’évaluation de l’Union Européenne sur les éventuels perturbateurs endocriniens, par expertise indépendante, l’aluminium a été classé dans la dernière catégorie des substances par ordre de priorité, comme « no scientific evidence for inclusion in the list ».

L’hypothèse d’une action perturbatrice du système endocrinien a été évoquée à partir d’une publication (1996) sur les taux de prolactine, cortisol… chez une variété de truites (Brown Trout).

Depuis l’établissement de la liste provisoire des perturbateurs endocriniens, les études commanditées par la Commission Européenne ont conclu à l’absence totale de preuves et de données scientifiques établissant le bien-fondé de cette inscription.

Aluminium et cancer

L’aluminium métal ou ses sels n’ont jamais été classés par le IARC (International Agency for Research on Cancer) dans le classement des substances cancérigènes.

Etat des connaissances scientifiques à ce jour

Le IARC est l’organisme international dépendant de l’OMS qui est en charge de la classification des substances quant à leur pouvoir carcinogène.

En Juin 2012 le IARC a classifié les expositions professionnelles au cours de la production d’aluminium dans le Groupe 1 de sa classification des substances cancérigènes (« Carcinogenic to humans »).

Le classement de ce procédé est lié à l’augmentation du taux de certains cancers (vessie et poumons) observée chez les opérateurs de ce type de production lors d’études épidémiologiques.

Le IARC n’a jamais classé l’aluminium ou ses sels dans aucune des catégories de cancérogenèse (homme, animal).

Il n’y a pas d’éléments permettant, à ce jour, une classification de l’aluminium comme substance cancérogène.

L’OMS a conclu en 1997 : « Rien n’indique que l’aluminium soit cancérogène »

Références :
1 – International Agency for Research on Cancer (IARC) – Summaries and Evaluations. Aluminium Production. 1987. Supplement 7; p 89